Reine d’un jour…

Alors voilà que je fus Reine, et que très vite ce titre fut désuet, mal employé, dévoyé, peut être mal choisi ?

Je fus Reine et ce fut bon à la veille de mes 50 ans de me sentir vibrer à nouveau.

Je fus Reine et je crus un temps que Pregador s’emploierait à mettre en œuvre l’Amour Courtois…. Qu’il prônait comme un modèle selon lui…

L’amour courtois n’est ni libertinage, ni passion brutale, il est presque une ascèse pour le chevalier, qui doit, pour mériter la femme qu’il aime, se soumettre entièrement à elle. La dame est suzeraine, le chevalier est son vassal.

Comme jadis l’amour courtois du XIIe siècle, sous la plume de Chrétien de Troyes : un cœur, ce sont deux moitiés qui s’unissent si profondément qu’elles ne font plus qu’une. L’amour courtois est donc romantisme

Selon ces préceptes classiques que toute personne cultivée doit connaître en citant l’amour courtois comme but en soi…. Il n’est nulle question de soumission de l’homme mais de vassalité, de dévotion…

La Reine a étudié l’amour courtois 5 ans durant, lisant en ancien français les textes les plus importants où couple Lancelot et Guenièvre animaient les bases des récits de ses recherches… Où notre Reine étudiait la féerie ! Donc les femmes maîtresses qui enlevaient les chevaliers, les tenaient prisonniers….

La bibliothèque de la Reine

L’amour courtois a été interprété comme étant un amour chevaleresque, où l’homme doit mériter sa dame par des exploits. Et la plupart du temps, il est considéré comme une relation de soumission de l’homme envers la femme.

L’amour courtois s’avère être indépendant de toute idée, de toute réflexion, de toute pensée. Il semble être calqué sur la nature, l’écoute et l’attention des sentiments et des sensations, en opposition donc à des schémas imaginés ou réfléchis provenant de l’intelligence. Cette idée est représentée dans les textes avec Amour qui est toujours en opposition avec Raison.

Le fin’amor, en toute rigueur semble désigner le respect et l’attention portés sur les sentiments et les sensations humaines ; il s’agit d’un amour respectueux et véritable d’un homme envers une femme, et d’une femme envers un homme, qui vise et qui permet, si les deux partis suivent les règles du jeu, d’atteindre la joie partagée et le bonheur pur. (fin’amor, étymologiquement, le mot fin possède l’idée d’achèvement et de perfection). Il s’agit donc d’un art de vivre qui se veut être la recherche, le respect et la rigoureuse et constante application des règles qui régissent les relations humaines et amoureuses dans l’objectif d’une parfaite symbiose.

L’ultime épreuve étant l’assag. « L’assag était une épreuve au cours de laquelle l’amant devait montrer qu’il était capable d’aimer purement, que l’amour existait en lui, il pouvait contempler sa dame nue et il pouvait faire avec elle tout ce que la passion requiert : la tener (l’étreindre), la baiser (l’embrasser), la manejar (la caresser) ; tout sauf le fait (lo fag). La femme, dans l’assais, prenait sa revanche sur le mari impérieux et tyrannique, sur le désir brutal et trop rapide : l’homme « qu’elle couchait auprès d’elle » devait obéir à tous ses caprices et ne succomber à la tentation que pour autant qu’elle désirait y succomber elle-même. Car plus l’épreuve était méritoire pour l’amant, plus elle le devenait pour elle. et périlleuse pour son honneur. » (René Nelli, « Sur l’amour provençal », Les Cahiers du Sud n° 372, cité par Jean Markale, L’amour courtois ou le couple infernal. Merveilleux Jean Markale,….

Voilà comment la Reine, elle- même cultivée en matière d’amour courtois et ayant étudié des années durant ces choses de l’amour courtois, songea bien aimable à Pregador de vouloir procéder ainsi…. Ce qui semblait être pour Reine la relation parfaite effectivement !!!!!!!

Il n’en fut rien quand elle découvrit que ce qui se cachait derrière somme toute un discours séduisant pour un mode de vie épanoui, renfermait en fait des fantasmes bdsm…

Pour Theodor Reik, le dominé organise une situation dans laquelle il se trouve obligé d’accepter tout ce que son partenaire veut lui imposer. Le sujet échappe ainsi à la culpabilité qu’il associe à ce qu’il considère comme une faute. Le sentiment d’impuissance lui permet de surmonter l’interdit. Il s’agit du plaisir sans responsabilité. C’est le dominant qui endosse la faute. Theodor Reik l’explique dans son livre sur le masochisme. Selon lui, la personne ligotée se sent plus désirée qu’à l’ordinaire. Elle se dit que si elle s’est retrouvée dans cette situation, c’est que quelqu’un juge utile de la garder captive. Selon son analyse, le sentiment de culpabilité masochiste porte un coup au narcissisme du sujet dont les pratiques pourront ensuite témoigner de la recherche d’une mise en valeur personnelle.

Une reine, souhaitant mettre en application l’amour courtois avec un Pregador attiré par des pratiques BDSM devrait écartelé son cerveau de mille façon pour tantôt s’inspirer de l’amour courtois, tantôt s’inspirer du monde BDSM…. Et tout cela finalement pour SATISFAIRE PREGADOR et non pas la Reine comme il aurait semblé être au début des échanges………….

Seul Pregador dans ce cas de figure est au centre des attentions, au centre des préoccupations des choses du plaisir…. Et là Reine devrait se torturer l’esprit de ce qui pourrait exciter Pregador et ne pas être du tout l’objet de toutes les attentions comme une Reine de l’amour courtois.

Voici quelques pensées posées  là , à la veille d’un demi-siècle d’existence….

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